07.02.2009
La disparition d'un lapin...
Rien de plus banal que la mort d'un animal, me direz-vous! Et que dire de celle d'un lapin. Je n'en suis pas si sûr. Il avait vécu son quatorzième anniversaire le 1er mai dernier, et déjà je m'interrogeait s'il vivrait ses quinze ans. Il est né en appartement, a grandi avec nous, il a reçu la nourriture la plus saine qui soit et a pu circuler dans l'appartement en toute liberté. Il ne s'intéressait pas aux câbles ni aux fils, il n'en avait pas besoin. Il a acquis bien ses 70 phonèmes à force de s'entendre répéter chaque fois la même chose à l'approche d'un événement, il écoutait et, plus le temps avançait, plus son expressivité devenait perceptible. Il ne parlait pas, mais ses mimiques, son petit nez et la position de sa queue touffue parlaient pour son silence vocal. Nous l'avons vu rêver, nous l'avons vu aimer et nous aimer, nous l'avons vu sublimer les dispositions de notre appartement en fonction de son petit programme cérébral si bien prévu par la Nature. Nous l'avons vu craindre des oiseaux qui ne représentaient pourtant pas un danger pour lui, défendre sa nourriture face à des animaux carnivores, puis chercher leur compagnie.
Que dire?
Une vie complète à un niveau plus réduit, plus terrestre. Un être muni des outils nécessaire aux sentiments, à l'amour, à la rencontre, à la controverse. Craintif puis curieux, ces deux sentiments nécessaires au Lapin pour se développer, il se retirait à l'approche d'un être inconnu puis réapparaissait, plus confiant, un peu espiègle. Nous l'interpelions en rentrant, lui signalions notre départ, il "savait" alors qu'il n'avait rien n'à craindre. Il avait développé un sens de la sociabilité qui eût intéressé plus d'un.
Puis vinrent les dysfonctionnements, la visite fatidique chez le vétérinaire et le déclin suite à une tumeur d'un rein et, semble-t-il, à une paralysie des muscles. Il se traîna les derniers jours, prit la fuite dans le jardin - sans doute pour y mourir seul, je l'y ai sauvé de la solitude -, nous l'avons soigné, puis accompagné, il nous écoutait encore, me fit comprendre qu'il ne voulait plus qu'être caressé. Puis ce fut l'agonie, la respiration tentée en vain par trois fois, un dernier raidissement de combat et l'inéluctable...
Où est-tu, petit Lapin? Auras-tu entendu le grand bruit final, vu la lumière t'inonder? As-tu entrevu cette petite Lapine morte trop tôt?
Tu as dormi à nos côté encore un jour, puis nous t'avons déposé non loin de nous, nous t'avons ouvert ton dernier petit terrier, puis recouvert sur toi. Un corbeau à qui nous avions donné le pain durant le plus dur de cet hivers s'approcha, se posa sur ta dernière demeure et chanta le Requiem des Animaux avec la même force que lorsqu'il nous remerciait dans le paysage glacial et enneigé.
Tu as été un Être vivant, et tu fais l'expérience qui me reste encore à faire...
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30.12.2008
Réflexions de fin d'année...
Le 31 décembre marque la fin d'une année. Cette fixation est toute relative:
- pour le calendrier révolutionnaire, nous serons le 11 nivôse de l'an 217, le même 11 nivôse tombant régulièrement le 1er janvier d'une année,
- les enfants de la Veuve le désigne comme le 31è jour du 10ème mois de l'an 6008,
- le Nouvel An tombe en Chine, en Russie etc. à une autre date.
L'Histoire a ses propres délimitations: Le jour où Barack H. Obama est définitivement élu président des États-Unis est certainement une date plus importante, celle où la crise financière éclate par le biais de la faillite de Lehrman Brother est une date fatidique. Le lien est clair: Avec l'éclatement de la crise, Mc Cain et sa vertueuse colistière au rouge à lèvre perdaient toute crédibilité.
Cette crise a pris des proportions mondiales, et pour parer au plus pressé, les États ont dû faire ce que même la pire crise sociale généralisée n'aurait pas réussi à leur forcer de faire: mettre la main à la poche et avancer une génération spontanée de centaines de milliards de dollars et d'euros. D'où vient cette avalanche d'oseille, bon sang? Ces dernières années, près de trois quart du monde occidental devait s'entendre dire "que l'on n'a pas d'argent" pour assurer au quart restant environ 80 % de biens et revenus. Le service au consommateur est supplanté par le souci de procurer des dividendes aux actionnaires, et auxprojets rentables - ainsi que pour des États corrompus et opaques comme la Belgique et toutes ses sous-régions louches - de firmes qui font de leur obtention d'un logo qualité 9000 et des un élément de publicité - sans préciser si un des éléments de qualité ne reside pas dans une politique hyperlibérale et antisociale de maximalisation des profits et de minimalisation des coûts, y compris humains.
La fin des années 80 du siècle dernier (à moins de considérer que nous soyons en l'an dix-neuf cent nonante dix-huit!) marquait un tournant décisif de la politique européenne en matière de services publics an consacrant le principe de son démantèlement au bénéfice du secteur privé, maintenant en mesure de fournir des biens et services sur de grandes surfaces, ce qui n'avait pas été le cas pour les chemins de fer au XIXè siècle, le désengagement de l'État...
Un des pays où cela s'est très mal passé est bien la Belgique. Du moins si l'on lit le manifeste de Destexhe et Aernoudt Comment l'État gaspille votre argent (Rolarta 2008 - ISBN 978 90 8679 169 9). L´État, surtout wallon, a grangréné le secteur privé, on a même vécu un André Cools qui voulait créer un empire économique wallon rouge vif (On raconte que, à l'époque de ce monsieur, même à Pékin on connaissait la gare de Flémalle-Grande...), comme j'ai pu m'en apercevoir durant mon bref passage comme traducteur germanophone à la Région wallonne, où il me fut clairement dit que tout devait être commandé via un certain holding. La Belgique pourrait fonctionner sur 66 % de ses moyens si elle ne gaspillait pas, en clair, l'appareil étatique pourrait être optimalisé à 38 % si on se donnait la peine de... Mais l'économiste west-flandrien vous expliquera tout cela mieux que moi... La Belgique comptait p.ex. avant la privatisation généralisée des institutions parfaitement inconnues des pays limitrophes, p.ex. tous les I.N., les Instituts Nationaux qui regorgeaient de personnel "pistonnés" par les syndicats ou recasés, et qui ne sont rien d'autre que des organismes de régulation et de gestion de données, or ce genre de tâches et de missions peuvent aussi bien être assurées par le secteur privé, "effectuant une mission d'intérêt public", bien entendu sous la tutelle de l'organe compétent du pouvoir exécutif.
Quand je travaillais en Allemagne, mon employeur me demandait à quelle mutuelle j'étais affilié et envoyait le retrait légal à la maison mère de cet organisme d'assurance sociale. Mais à la différence de la Belgique, les mutuelles allemandes ne portent pas de dénominations politique, éventuellement à consonnance anti-patronale, ou confessionnelles, autant d'éléments discriminatifs à l'embauche masqués par une INAMI qui n'est pas un institut d'assurance, comme on pourrait le croire, mais une caisse de répartition coûteuse qui assure une mission reprise, en plus de ses activités d'assureur social, par la Algemeine Ortskrankenkasse allemande. Du moins, j'ai vécu ce système à l'époque où j'y vivais.
La Belgique, encore unitaire, a ainsi placé toute une structure étatique. Quand le message est venu de la Commission européenne, les acteurs de la privatisation y sont allé avec des semelles de plomb: l'État s'est assuré des parts majoritaires dans les entreprises de distribution ("intercommunales") et dans les entreprises de production d'énergies. Or, quand l'État s'en mêle, tout devient plus lourd, plus onéreux, et surtout en Belgique où, quand le politique est là, la corruption ("pistonnage") et les manipulations électoralistes ne sont pas loin... On n'engagera pas le plus apte à assurer un poste, mais plutôt le plus fidèle affidé. Et comme toute l'éducation du citoyen empêche tout développement d'amour propre et de sens critique, celui-ci s'en tient à acquiécer ce qui existe, en râlant mais en baissant pavillon en fin de compte, le conglomérat politico-économique peut agir à sa guise. Les seules instances, le citoyen-électeur-et-contribuable-forcé n'étant pas en mesure de manfester efficacement sa critique, pouvant encore influer sur ce paxs sont les instances européennes ou mondiales. Aujourd'hui le fascisme linguistique flamand, demain l'incurie des collectivités locales wallonnes, après-demain le bourbier bruxellois,... bref, comme dirait le général de Gaulle "Vaste programme!"...
Le citoyen paie cher son inertie et son dépit du politique: 50% de taxation maximale, une imposition parafiscale exorbitante, une chèreté de la vie correspondant au manque de concurrence, car les acteurs économiques ont compris que la "meilleure" libéralisation consistait à créer des petits marchés monopolistiques, des ententes de prix (la Belgique ne connaît pas d'organe officiel de lutte contre les cartels!).
Bizarre: il suffit de franchir une ou l'autre frontière pour sentir directement que l'on peut faire autrement, gérer efficacement, rencontrer un monde plus heureux, vivre dans des conditions normales. Ils ne nous envient que l'indexation automatique des salaires, mais pour le reste...
La lecon que le monde risque de tirer de la crise actuelle: Si l'État a bien pu intervenir pour la finance, il devrait auss pouvoir intervenir pour rétablir une certaine équité économique et augmenter le pouvoir d'achat, tant il est clair maintenant que le laissez-faire-laissez-aller, la splendide neutralité de l'État-veilleur-de-nuit cher à Friedrich Engels a fort perdu de sa plausibilité. Le libéralisme est à repenser, peut-être en revenant aux sources, au libéralisme du XIXè siècle. Et si l'État belge vient encore une fois nous conter l'historiette de la caisse désespérement vide, il faudra bien lui poser les bonnes questions.
Et elle feront mal!
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04.09.2008
Religion et politique - L'Islam face à l'Europe
Mettons les éléments en place:
L'Europe est un continent, une fédération de pays, une entité économique, monétaire et sociale, un corps politique constitué et un espace de libre circulation.Elle se base sur des valeurs dont le ciment est la liberté individuelle des êtres humains et leurs égalité de traitement. Le degré de modernité de compréhension de ces valeurs est pratiquement le même, ce que l'on ne peut pas prétendre de la situation économique disparate à l'Est, au Sud et à l'Ouest de l'Europe. La perception actuelle des valeurs dites judéo-chrétiennes, mais dans lesquelles le laïc se retrouvera aisément, sépare clairement le religieux de l'État, l'individu y trouve ses racines dans ses origines géographiques, familiales, dans sa religion et dans sa patrie en tant que référence culturelle, donc dans un complexe d'élément qui donnent à sa personalité sa différence, l'État trouve ses racines dans l'histoire de sa patrie, de sa culture où les conflits religieux peuvent avoir eû une incidence dans le développement de l'acquis populaire, dans sa situation géopolitique passée et présente. Les liens entre l'Individu et l'État sont aléatoires, non obligatoire, parfois même fortuite - surtout dès lors que l'Individu décide de changer de citoyenneté et d'"épouser" sa nouvelle Patrie.
Les religions européennes de souches se sont assagies, se libérant ainsi de leurs exclusivités. À l'issue du conflit qui a caractérisé tout le XVIè siècle, clôturant ainsi le Moyen-Âge classique, on trouva des solutions plus ou moins réussies dès lors qu'il apparaissait clair que le protestantisme ne serait pas passager mais qu'il s'était créé un espace dans l'Europe. Deux solutions sont apparues: la pilarité sociétale d'une part, la fixation monarchique de la religion d'autre part, le cujus regio ejus religio n'ayant eu cours qu'en région germanique, l'application française fut des plus funestes puisque la révocation de l'Édit de Nantes et le nuit de la Saint-Barthélemy ont précipité le pays dans un fossé idéologique que seule la "contre-boucherie" de la Guillotine et l'Égalité "parfaite" sous son règne parviendront a contrebalancer.
L'Islam n'est pas européen de souche. Jusqu'au XXè siècle, les rapports avec le monde musulman ont été commerciaux, après avoir été guerriers par trois fois, la dernière fois étant le colonialisme français et britannique au grand dam des restes de l'empire ottoman. Mais qu'est-ce-que l'Islam?
Le mot veut dire soumission et se réfère à une tradition religieuse issue des paroles divines recueillies par le prophète Mahomet et transcrites à la Mecques et à Médine dans un contexte conflictuel. Le Coran et les Hadithes servent de base à une communauté de croyants pour qui la foi et la pratique religieuse englobent tout. Dans cette perspective, le monde musulman est un tout, la religion est la seule vrai religion et les précepts qui en découlent sont de stricte obédience. Donc: point de liberté, point de nationalité, point de traitement égal de l'Homme et de la Femme et, surtout, point de critique ni de doute. Ce monde est donc totalitaire. Et surtout, à la différence de ce que j'exprimais ci-dessus, il ne fait pas de différence entre la religion et l'État. Ainsi qu'il existait à l'époque féodale une royauté de droit divin, le Chef d'un État musulman est absolu - au Maroc, il est expressément Défendeur de la Foi à qui le Marocain a fait allégence - un terme de droit féodal.
L'Ancien Régime a connu une conception globale du Monde: le souverain de droit divin, l'union sacrée du trône et de l'autel, lien indélébile avant que la Révolution commît l'irréparable: le régicide. L'idée est ancienne (John of Canterbury), mais de là à passer à l'acte en France. Le roi n'était un être sacré que s'il était capable d'assumer sa charge. Le premier déchu (à plusieurs reprises) fut l'empereur Louis le Pieux. Mais le ciment État-Religion resta le ciment de la structure sociale. Cela fin maintenant deux bons siècles que nous vivons dans un monde débarrassé de l'Unité de l'oppression Religion-État, le premier ligitimant l'autre, légitiment le premier. La démocratie est sous-tendu par le principe de la co-décision: un approuve, l'autre promulgue, et chacun doit conserver les voies de droit.
Dans son livre Pourquoi le peuple arabe n'est pas libre, Moustapha Safouan décrit le despotisme d'inspiration islamique: l'Unique seigneur ne connaît que la gestion verticale, la corruption est perçue comme naturelle, la Pouvoir justifie. En démocratie, le Pouvoir doit se justifier.
Le défi de demain consistera donc à concilier l'Islam politique retrograde avec les valeurs européennes dont personne ici ne voit le besoin de les substituer par une "justice" uniquement basée sur des préceptes religieux.
Autre dimension, intra-européenne celle-là: celle de la compassion et de la tolérance bien-pensante. Les années soixantes du XXè siècle ont vu débarquer en Europe les immigrés: déracinés de l'Histoire économique, affectés aux sales besognes, initialement mal considérés et conservant parfois un instinct de vie différent, plus insouciant peut-être, de l'autochtone. Et encore: Le mineur italien émargeant de la Mutuelle tant son travail a ruiné sa santé avait bien mérité du pays d'accueil. Des liens se tissent - et c'est bien ainsi. Mais ils se tissaient en Europe, dans un sens assimilatif sans renier pour autant les particularités culturelles héritées d'un passé "ailleurs". Particularité appréciables et appréciées - surtout lorsque les autochtones se mirent à passer leurs vacances dans les pays d'origine des allochthones (Italie, Espagne, Portugal,...). La tolérance se définissait surtout par la rencontre de l'autre dans un but de continuer ensemble dans la nouvelle Cité.
Les relations avec le monde arabe n'ont hélas pas puin se développer avec la même sérénité, l'immigration arabe s'est déroulée sur fond de décolonialisation et de ranqueurs à l'égard de l'ancienne puissance coloniale sur le territoire de laquelle on vivait désormais. Jusqu'alors, tous se retrouvaient le dimanche à messe - et se reconnaissaient donc dans le devoir religieux commun. Désormais, c'est qui le dimanche à l'église et qui le vendredi à la mosquée. Et les valeurs prêchées dans les mosquées prônent le communautalrisme, la stricte obédience, dans la langue d'"ailleurs", sur base d'un Livre écrit en arabe classique - le latin de la culture "verte", si je puis dire. Le catholicisme, lui, poursuit son développement sans se soucier de l'Autre, à la limite même sans se soucier de la réalité civile. L'aboutissement de cet aveuglement étant Benoît XVI...
Jean Ziegler a écrit tout un ouvrage sur le thème de la haine de l'Occident. Cette haine est bâtie sur fond de ressentiments, nourrie par l'Islam et bétonnée par la condition humaine en Afrique. Mais qui colonialise aujourd'hui l'Afrique: La France et la Grande-Bretagne se sont retirées, les Chinois apparaissent en masse et ont prêtés p.ex. au régime de Joseph Kabila au Congo-Kinshasa. La Chine ne passe pas particulièrement pour un apôtre de la démocratie, et son idéologie prétendûment socialiste est essentiellement capitaliste hyperliberaliste, l'Afrique ne sera pas plus heureuse sous l'emprise des marabous et de la puissence du Yuan. Mais l'Islam servira de vecteur revendicateur à l'égard de l'Occident,ne serait-ce qu'en tant que légitimation d'un combat religieux et sociétal à la fois, car cette religion aux traditions guerrières et globalisantes se répend aussi bien au Nord qu'au Sud, avec la même volonté de soumission, de conviction et d'amalgame doté d'une charge de violence explosive qui, au demeurant, correspond parfaitement aux termes du Coran.
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23.08.2008
L'enjeu de la Géorgie
Le lieu où on se trouve peut avoir de l'incidence sur les sentiments que l'on ressent lorsque l'on reçoit une information. Lors de l'éclatement du conflit entre la Russie et la Géorgie, je me trouvais non pas en Europe occidentale, mais en Lituanie, et j'y ai pu suivre le compte-rendu de la télévision russe, ce que je n'aurais pas pu faire ici.
Ce qui eût été une information, certes grave, mais pas de portée immédiate en Europe occidentale, revêt dans un pays balte un aigre gout de déjà-vécu, même si la situation actuelle de ces pays est radicalement différente, dès lors qu'ils bénéficient de la protection de l'Union européenne.
La télévision russe - le journal télévisé Время en tête - fut d'une partialité atrocement systématique, dans la tradition de ce que l'on avait été en droit d'attendre d'un programme télévisé d'un pays du défunt pacte de Varsovie! La cause ossète et afkhaze était entendue, et la terminologie savamment choisis: le reproche du génocide, rapidement évoqué par une reporter russe, est relayé une heure après par les officiels russes pour justifier une "libération" menée à coups de chars d'assaut et de propagande belliqueuse aboutissant à désigner la Géorgie comme "projet virtuel".
Ce n'est que le lendemain que cette télévision aux ordres de la Gleichschaltung du Kremlin diffuse des images géorgienne originaires d'autres émetteurs, mais commentés à la russe. Encore heureux que le journal français, reçu sur TV5 Monde, plus prudent dans ses propos, évoquait aussitôt les enjeux en signalant le passage, à travers la Géorgie, de l'unique pipeline alimentant l'Europe occidental non encore dépendant du conglomérat état-industriel - précédemment militaro-industriel - Газпром. Cette précision ne laisse présager rien de bon: L'Europe occidentale, les pays de l'Union européenne en fait, disposent de deux ressources gazières: une propre (en mer du Nord et en Scandinavie) et une alimentation dépendante de ce holding post-soviétique, société d'État comme Bruxelles ne veut plus en voir dans l'espace européen depuis la fin du XXème siècle.
Il s'agit donc bien de cette politique du это наша ("c'est à nous!") brutale de protection d'intérêts économiques - et seulement accessoirement de celle d'une minorité russophone et russophile! La chancelière allemande Angela Merkel, encore opposée à l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN, vraisemblablement à raison dans la constellation existante précédemment face à un Caucase dont l'équilibre reste fragile, dut faire une correction de trajectoire en promettant pratiquement la mise sous protection selon le chapitre V de la Géorgie - en clair: une intégration dans l'OTAN d'un pays encore plus exposé encore à des tension internes et externes que la Turquie...
Deux semaines plus tard, une émission québecoise relative à l'Artique attire mon attention: La discussion relative aux effets de serre du réchauffement climatique global se polarise autour d'une opinion majoritaire très alarmiste et désireuse de corriger le tir le plus rapidement possible en sauvant, par des mesures écologiques d'urgence, ce qui peut encore l'être, et minoritaire qui elle penche plutôt vers une thèse de cyclicité des phénomènes de réchauffement de la planète. Les Russes misent en fait sur le réchauffement de la planète pour faire valoir leurs droits de propriété sur différents sites artiques, entrant p.ex. ouvertement en conflit avec la Norvège. À terme, il s'agirait aussi de saisir des territoires sur une route maritime entre-temps indemne de glaces.
Si Moscou actionne ses forces dans un tel conflit d'intérêt de la même manière qu'elle le fait actuellement dans le Caucase, alors je crains la redéploiement de blocs économiques distincts et une tentative de main-mise sur l'Union européenne via une dépendance des ressources sous administration russe, tandis que la Chine se charge de prendre en main les destinées économiques de l'Afrique tout en inondant le marché européen, lui même en récession (inflation, chômage massif, mutation ethnique au bénéfice des population d'origine maghrébine...).
Certains pays actuellement alliés des États-Unis autour de l'Afghanistan sont membres de la C.E.I., à terme, une intervention russe y est tout aussi envisageable, revanche tardive de la politique démographique stalinienne qui visait à placer des peuples slaves un peu partout afin d'assoir le pouvoir central russe.
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21.07.2008
La fiscalité en Belgique...
Avant-hier, je revoyais une émission télévisée de Jean-Claude Defosset ("Bonne semaine quand même!") où ce dernier épinglait l'inégalité structurelle des résidents du pays par rapport au fisc et l'automatisme avec lequel la fiscalité a été serrée à bloc grâce à sa non indexation.
Sidérant: tandis que le salarié et l'employé se fait taxer à un taux maximal de 50 %, certains parviennent par de l'ingénérie fiscale à ne se faire plumer que de 5 %.
Le taux maximal d'imposition devrait passer en Allemagne à 39 %. Pourquoi l'est-il encore à 50 % dans ce pays? Qu'est-ce qui rend le fonctionnement de ce pays si onéreux? N'y aurait-il pas là quelques vaches sacrées à abattre?
Globalement, les devoirs de la puissance publique sont les mêmes dans chaque subdivision de la Nation, et une logique d'économie d'échelle devrait conduire à une globalisation des frais de fonctionnement de ces institutions puisque le politique ne veut pas en revenir à l'État unitaire. Mais non, chacun y vas de ses dépenses.
Dans une logique de réduction des dépenses du Trésor public: quid d'une privatisation systématique de toute la structure inférieure aux ministères? À commencer par tous les Instituts nationaux et régionaux, les Société régionales et l'Administration fiscale elle-même, les prisons qui fonctionneraient mieux en tant que centres de profits?
Que justifie une TVA belge de 21 % alors que certains autres pays européens ont un taux moins élevé? Enfin, que justifie l'obligation de liquider la TVA et les taxes indépendament de la réception des montants facturés? Sans le sou, le commerçant ne peut acquitter ces dettes fiscales qu'à perte.
Enfin, ne serait-il pas temps de taxer les revenus issus de baux et loyers au même titre qu'un revenu d'indépendant ou de société - au choix du propriétaire concerné? L'immobilier engraisse les possédants, il y a donc là de l'argent à récupérer.
Au passage, je ne comprends pas comment on n'invite pas la présidente du Syndicat des Propriétaires sur les plateaux de "Controverses", histoire de la titiller sur ses vues bassement matérialistes visant à rendre les membres de son "syndicat" plus riches qu'ils ne sont déjà et sur les méthodes de fichage policier que ce club de nantis utilise. On veut même bien l'accueillir avec ses chats angoras...
Encore faut-il vouloir...
Oh, j'oubliais: J'espère que les gages des intervenants, figurants et paradeurs de service du Défilé du 21 juillet, des Cobourgs jusqu cex de l'armée oh combien glorieuse seront versés en tout ou en partie au CPAS de Bruxelles!
Non?
Ah bon!
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19.07.2008
L'autre Europe à deux heures de vol
Départ en vacances dans quelques jours: Un avion à prendre à 8 heures du matin, ce qui signifie qu'il faut prendre le premier train qui corresponde, à 5h06, très peu de temps pour changer à Louvain et arrivée à cet aéroport flamandissime au service de la Belgique désunie depuis des lustres, direction Kaunas via Vilnius - où l'aéroport est à l'opposé de la ville par rapport à la gare ferroviaire et à celle des autobus, adjacente. Les taxi y sont super-chers et les taximen des mafieux. Là, on voit que ce pays n'est pas encore véritablement ouvert à un tourisme cosmopolite. En fait, qui s'y rend a fort intérêt soit à être fort encadre, soit à y avoir des connaissances aimables. Dans mon cas, c'est ma belle-famille, et je n'ai jamais de raison de ne pas leur faire confiance...
En fin de parcours, je retrouverai un appartement vide, resté dans l'état où il a quitté l'ère sovíétique, dans un quartier nord de ce qui fut jadis la capitale provisoire du pays et qui est entretemps dégringolée à la 4è place après que sa population l'ait quitté massivement à coup de greencard lottery et autres cordées d'émigration vers Chicago, l'Irlande, bref vers toute destination au succès économique qui sourit à qui veut entreprendre quelque chose. C'est tout bon pour la ville: Dans les années 90, je l'ai connue grouillant de monde, monter dans un de ces trolleybus aux vitres félées équivalait à de l'athlétisme! Maintenant, ils sont bien moins remplis et vivent en concurrence avec des "microbus", des camionettes qui sillonnent des lignes pour lesquelles ils ont retiré une licence d'exploitation à la ville.
Bref, le capitalisme y fonctionne bien - là où le rêve n'est pas européen...
Les allées y sont larges - planifiées à l'époque où la spéculation foncière n'existait pas! -, les zones verdoyantes y sont appaisantes... si on ne s'y aventure pas la nuit, à moins de détenir une ceinture noire! Les supermarchés ont des formats de mall américains et les denrées y sont chères pour l'habitant dont le salaire moyen correspond à 300 à 400 euros par mois. Ces grandes surfaces sont ouvertes de sept heúres à minuit, certaines même 24h/24, et emploient un personnel exploité et sous-payé, mais qui ne se solidarise pas. Non, pas de syndicat: c'est trop communiste, cela! Le meilleur syndicat, c'est la greencard, le sésame pour rejoindre les Lituaniens de là-bas... Le pays se vide à vue d'oeil. Mais il reste propre et ordonné.
Bien que: l'administration locale a été confiée à une organisation privée (Rubicon), son personnel est arrogant, ignorant et ne pense qu'à sa petite tranquilité, Rubicon a "réorganisé" le système - en clair: l'a bordélisé! Les employés de banque ont gardé cette polie lenteur soviétique encouragée par des procédés formels encore trop étriqués. Mais le système bancaire est fiable, les informaticiens ont fait du bon travail pour se mettre au diapason européen.
Et en-dehors des villes, dès passé le pont du Niémen, le promeneur est plongé dans la pauvreté profonde de la ruralité lituanienne. Là se trouve la tâche encore à accomplir.
Et comme à chaque fois, mon premier geste sera de me rendre discrètement à l'endroit même de de l'Allée de la Liberté où l'étudiant Romas Kalanta s'était immolé par le feu en 1971 en protestation contre l'occupation de l'époque... Pensant aux dangers d'une Europe qui pourrait bien un jour se réveiller en Dhimis sous la coupe de l'Islam.
En Lituanie, on ne le ressent pas: Pas un seul à l'horizon. Il faut dire que leur loi sociale n'est pas tendre. Des Arabes y demandèrent un jour l'asile politique. Pauvre comme elle est, la Lituanie a exigé d'eux un travail d'intérêt général. Ils refusèrent, du coup, ils se sont retrouvés dans les forêts de Suvalkija dans les environs de Pabrade avec une Russophone qui leur a donné tous la syphilis.
C'est autre chose que soumettre un État à un chantage à la vie humaine par grève de la faim, encouragés fond-de-caisse par les petits amis!
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15.07.2008
Et en Belgique, le bordel recommence...!
Dans le parler familier de tous les pays ayant appartenu, pas si in illo tempore que cela, il existe un juron très rude pour rendre ce que je ressentais ce matin à l'écoute de l'annonce de la démission du gouvernement prétendu enfin définitif de M. Yves Leterme: blyat!
Ces dernières semaines, ce gouvernement ne communiquait plus: la presse étant à sa solde, chaque ministre sait pertinament bien que la non-communication vers les électeurs restera aussi bien sans conséquences que la grande marche des saules pleureurs conduite par la rondelette Marie-Claire Houdart, retournée entre-temps derrière son guichet de La Poste...
L'électeur est forcé d'aller faire son petit "re" dans l'urne chaque fois qu'on a décidé de remettre cela, et à chaque fois, il en sort des résultats entre stagnation et approfondissement du fossé de part et d'autre du Rideau de Pommes-de-Terre (alias frontière linguistique). Donc, d'élections nationales en élections fédérales, j'ai anticipé de plus en plus clairement le grand déchirement annoncé. On chuchote, on négocie, et quand cela ne va pas, on encommissionne.
Le compromis, c'est peut-être belge, mais il ne constitue jamais un résultat.
J'ai connu - à Mol - l'État CVP-Volksunie, la dite "Union du Peuple" s'étant entre-temps disloquée et muée en partis les plus raciste les uns que les autre, je contemple maintenant l'État flamand linguistico-fasciste qui veut tirer tout à lui au nom de sa modernité (idéologie en moins, dirais-je: elle date plutôt des années 20 ou 30 du siècle passé), et sa base dit tout haut ce que porte en petite lettre les feuilles de vigne des grands communicateurs flamands: Belgique, tu peux crever!
Monsieur Yves Leterme, flamingand aux origines douteuses, du moins sous cet aspect-là, qualifié par Wilfried Marten comme erreur stratégique en fait de nomination ministérielle, qui partage le lot de beaucoup de Belges en n'en connaissant pas l'hymne national (Et moi qui m'attendais à ce qu'il eût entonné le Wilhelmus - Wilhelmus van Nassouwe, ben Je van Duitschen bloed..., on voit cela d'ici!), a acquis l'expérience des chutes et relèves, ce qui est frappant... pour un exécuteur des hautes oeuvres nationales!
Ce qui me sidère, c'est le "chagrin des Belges", qui m'a toujours fort ennuyé et qui agit en étrangleur et qui génère une situation complètement autre que les pays voisins, qui certes connaissent leur problèmes, mais dont le fondement est indemne de toute remise en question.
La question royale
Effrayé du déballage de violence qu'elle a provoqué en son temps, elle n'a pas été résolue. Ailleurs, les monarchies ont depuis longtemps quitté leur piedestal: la famille des Windsors copine avec la presse à sensation, la famille des Orange-Nassau a misé habilement sur une apparence démocratique et engagée, laissant à ses membres des latitudes - ce qui va de soi dans un pays où le débat est permis et où chacun trouve d'instinct les limites de ses audaces -, la famille danoise s'est vu contestée au moyen de pancartes représentant... une guillotine! Les Suédois ont réduit les droits d'intervention du roi dans les affaires politiques. Le roi d'Espagne est une forte personnalité qui a pris la parole au bon moment et s'est imposé en digne protecteur de la démocratie retrouvée.
La question royale belge a démarré sur une erreur de départ: Il eût fallu déchoior Léopold III et le traduire devant une justice faisant , avec la solemnité qui sied, la part des choses: p.ex. entre sa victimisation et son testament politique...
C'était la première fois que la Belgique était confrontée à un débat pénible, mais nécessaire aux yeux des citoyens de l'époque sur fond de débat entre la Résistance et la Collaboration. Il a été volé, et le seul avis populaire jamais émis en Belgique n'a pas été respecté. Depuis, les hommes politiques ont viscéralement peur du verdict populaire, et le peuple le lui rend bien: beaucoup d'entre nous naissent et grandissent dans la haine du politique, dans le vomissement de tout ce qui vient "d'en haut".
Le personnel politique est maintenant engendré par les calculs partisants, et quand cela ne va plus, par les fruits du vagin de la femme du politicien - par mimétisme monarchique, vraisemblablement...
La querelle linguistique
Je ne vais pas dans ce journal de réflexions m'amuser à établir une liste de tous les conflits à caractère linguistique apparus et encore à résoudre en Europe. En-dehors de l'Europe, tout conflit linguistique a abouti à la suprématie de l'anglais. Là où l'Islam a le haut du pavé, c'est l'arabe qui sert de langue de communication.
Le Luxembourgeois est trilingue, les français est souvent bilingue (français - langue locale: alsacien, breton, occitan, martiniquais, réunionais et vraisemblablement aussi arabe et berbère, etc. ...) sans trop oser l'avouer, le Néerlandais est résolument unilingue dans son pays,... sauf en Frise, où il cache sa "frisitude" aux étrangers, trouvant que cela ne vaille pas la peine de l'évoquer... Tout Européen a la capacité intellectuelle d'apprendre une série d'autres langues, n'en déplaise à notre récitant intempestif d'hymnes nationaux déplacés...
La langue n'a pas à constituer de source de conflit!
En Belgique, les Flamands cultivent cette névrose au même titre que leur complexe d'infériorité ancestral face à la culture française... Or, entre gens de bonne intelligence, le "problème des langues" se règle en deux coups de cuiller à pot: le plus favorisé parle la langue du moins favorisé, le chef parle la langue de son subordonné, le patron celle de son employé, et entre deux personnes qui se rencontre, à force égale, il existe encore la politesse: du coeur, de la raison, de la forme...
La Belgique - un pays socialement à la traine depuis plus d'un siècle
Depuis la fin des années 60 du XIXè siècle, la Belgique a été à la traine du développement social. Le droit pénal interdisait toute coalition - visant bien entendu les ouvriers! - et l'armée a tiré en 1868 sur la foule affamée. Les améliorations arrachées par Joseph Wauters arrivèrent 40 ans après les réformes sociales mises en oeuvre par Bismarck en Allemagne (eh oui: il avait inventé un système de monopole pour certaines marchandises afin de financer une caisse mutuelle des ouvrier, et ce dans les années 80 du XIXè siècle! Il n'a pas "uniquement" le hobereaux sanguinaire caricatural que la presse francophone a érigé par la suite!). La grève des ouvrières à Liège en 1966 intervient également sur fond de misère totale et de vieillissement de l'outil de travail.
La Belgique n'est pas un pays chaleureux, mais a toujours été un espace d'exploitation. Les montants consentis aux retraités, aux handicapés, aux orphelins et aux chômeurs correspondent à l'équidistance entre leur impuissance à se représenter politiquement et la Mort.
Mais que voulez vous, c'est le prix de la non-représentativité du Peuple et celui de 6 gouvernements pour 10 millions d'habitants! La presse - indirectement subventionnée - ne relayera pas les doléances, elle se borne à rendre compte de ce qui se passe, de transmettre les mots grandiloquants et vides de contenu tangible des hommes (et surtout des femmes, suivez mon regard...!) comme de saintes reliques...
Sous ce toit protecteur, les affairistes peuvent y aller fond la caisse:
- En France, 200 médicaments sont en passe d'être libéralisés, en Belgique, de plus en plus de médicaments sont soumis à prescription. C'est le pélérinage hors des frontière o le "parlez-en à votre médecin" à 22 euros l'oracle!
- En Allemagne, les divorces "simples" ont été transmis aux notaires, en Belgique, les Maîtres francophones ont naturellement voulu garder la bonne vieille procédure où on se crêpe les chignons d'instances en instances sur "la faute, la faute, la faute", alors que les ex n'en ont plus rien à ..., et maintenant, on maintient le passage devant le juge et la question de la faute réapparaît quand même. Il faut dire que les avocats gagnent si mal leur vie...
- Au Luxembourg, le contribuable ayant deux enfants à charge gagne brut comme net et la TVA n'y est qu'à 15 %. C'est fou ce qu'une frontière presque invisible à l'oeil nu marque des différences.
- La grande distribution a pu mettre en oeuvre, dans ce pays, une structure oligopolistique favorable aux intermédiaires. Delhaize et Carrefour ne vont quand même pas se bouffer le nez: ils sont assis sur la même branche. Et l'Europe a eu facile d'imposer à la Belgique de ne plus intervenir, si bien que la spéculation peut aller bon train, de même que la création systématique de structures de franchisés qui, eux, font augmenter les prix en fin de parcours pour rembourser les garanties payées... aux distributeurs même, qui se sucre en plus!
Le simple citoyen-électeur-forcé-cochon-de-contribuable dirait que cela, ce sont les vrais problèmes. La politicaille l'approuvera même, ne serait-ce que pour montrer qu'elle l'a découvert aussi et qu'elle est donc digne d'être réélue (hihi!). Mais en réalité, elle s'en fiche comme de l'an 40!
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10.07.2008
La nationalité musulmane...
En date d 7 juillet dernier, le ministère marocain des Affaires étrangères publie sur son site (http://www.maec.gov.ma/EN/default.html) la déclaration suivante:
Le gouvernement rejette toute politique exigeant des citoyens marocains de renoncer à leur nationalité d'origine
Rabat le : 07/07/2008
Le gouvernement de Sa Majesté le Roi a exprimé son vif étonnement et son rejet catégorique de toute politique, quels qu'en soient les origines, les motivations ou les desseins, qui exigerait des citoyens marocains résidant aux Pays-Bas de renoncer à leur nationalité marocaine d'origine.
Un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la coopération indique que sur très hautes instructions de SM le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, MM. Abdelwahed Radi, ministre de la justice et Taib Fassi Fihri, ministre des Affaires étrangères et de la coopération ont reçu, lundi, M.Sjoerd Leenstra, ambassadeur des Pays-Bas à Rabat.
Cette démarche, précise-t-on, fait suite à certaines informations récentes, selon lesquelles le gouvernement des Pays-Bas, répondant à une requête parlementaire, aurait affirmé qu'il continuerait d'envisager la possibilité d'interdire la double nationalité aux ressortissants marocains résidant dans ce pays.
A cet égard, les deux ministres ont exprimé à l'ambassadeur néerlandais le vif étonnement du gouvernement de Sa Majesté le Roi et son rejet catégorique de toute politique, quels qu'en soient les origines, les motivations ou les desseins, qui exigerait des citoyens marocains résidant aux Pays-Bas de renoncer à leur nationalité marocaine d'origine.
MM. Radi et Fassi Fihri ont rappelé que, du fait de l'allégeance perpétuelle de tous les Marocains à l'égard de Sa Majesté le Roi, Commandeur des croyants, et conformément à la législation en vigueur, la perte de la nationalité marocaine d'origine ne peut être autorisée qu'à titre exceptionnel et par décret seulement, en fonction de paramètres et de critères objectifs, basés sur le respect de la légitimité religieuse ancestrale et de la légalité politique et juridique, ajoute la même source.
De même, et comme le démontrent les cas de nombreux pays, notamment européens, une politique d'intégration réussie et durable ne passe pas par la contrainte du déracinement et de l'amputation des multiples liens, notamment juridiques et spirituels que les populations d'origine marocaine souhaitent maintenir avec le Royaume du Maroc, souligne-t-on.
Voilà au moins qui a le mérite d'être clair sur les intentions de ce pays pourvoyeur de population européenne à ne plus savoir qu'en faire...
"Allégeance perpétuelle de tous les Marocains à l'égard de Sa Majesté le Roi" - Au Moyen-Âge, cela s'appelait l'hommage-lige. "Commandeur des Croyants" - Eh nous y voilà! Le but avoué est donc de déverser l'Islam partout où un Marocain pose sa crémaillère, qu'il prenne une autre citoyenneté ou non. En France, ils agitent alors leur belle carte d'identité républicaine, en Belgique, qui ne connaît pas les principes de la République, n'en étant pas une, mais bien par contre la féodalité rempante dans les Sujets de Sa Majesté, on ne se pose plus de question: venez à nous tous les enfants de la Terre, au risque de voir le prix des loyers et de l'immobilier exploser encore plus, vu le nombre de bipèdes au kilomètre carré... Mais ils doivent surtout rester Marocains. Qu'un individu veuille le rester, c'est son droit, mais le postulat suivant me dérange: "Marocain = allégeance à son roi = croyant à l'Islam" (le troisième élément étant présupposé) me dérange, moi à qui on bassine à longueur de journée le devoir de respect de la Diversité.
Car cet avis officiel est tout, sauf respectueux de la Diversité... que doivent respecter un nombre incalculable de sujets marocains sous leur autre peau européenne.
La leçon des dérives "tolérantielles" a couté aux Néerlandais un tribu humain assez spectaculaire. La légendaire "tolerantie van de Nederlandse samenleving" a été arrêtée net! Le style de controverse particulier à ce pays a perduré, lui, et il est profondément irrévérencieux. Toute tentative de mater la liberté d'opinion, la plus scandaleuse qu'elle soit, a terminer en eau de boudin: En 1956, quand les autorités néerlandaises ont tenté d'endiguer la langue frisonne en interdisant l'affichage de conteneurs de lait et de lait caillé dans cette langue en Frise, les procès qui s'ensuivirent n'ont pas abouti, ni le "Ezelsproces" intenté à Gerard Reve qui fait apparaître Dieu dans un livre comme un âne qu'il sodomise. Les Néerlandais vivent l'islamisation comme un problème, respectent cependant l'identité de l'individu, son être-ainsi, pour autant que ce cet être puissent, s'il en a décidé ainsi, de vivre pleinement aux Pays-Bas, et non les yeux rivés ailleurs...
Quel est le non-dit dans cet avis officiel?
- Il est connu que la double identité juridique des Marocains européens sert de vecteur au mariages forcés. Or, dans un acte de mariage marocain doit figurer la dote, donc chaque mariage ainsi conclu devrait être conçu comme un cas de traite d'être humain...
- Il est connu que l'Islam, dont on ne parle pas ouvertement dans ce texte, mais le "Commandeurs" des fondamentalistes catholiques restant encore Benoît XVI et qu'il n'est pas Marocain (mais peut-être encore citoyen bavarois...), je vois difficilement qu'on y parle d'autre chose que de l'Islam, a une visée mondiale. Le cordon ombilical diplomatico-religieux sert l'expansionnisme de l'Islam politique, à en croire la teneur et les visées de ce texte.
- l'épanouissement d'un ainsi-décrété-perpétuel Marocain passe obligatoirement par un cheminement spirituel issu de la Mère patrie. Il est vrai qu'il ne fait pas bon douter sous le Croissant... En ma qualité de joyeux païen damné (qu'Allah ne me vienne surtout pas en aide!) pétri de culture occidentale irrémédiablement colonialiste islamophobe, tout cela résonne en moi comme un remake de "Ein Volk, ein Reich, ein Führer!"
Bon, Hassan II avait, comme on sait, ses jardins secrets. Beaucoup y ont péri. Son fils s'engage dans une voie prometteuse en remettant la Moudaouana sur le métier. Je ne dirais que du bien des progrès accomplis au Maroc si... je n'avais pas à subir les conséquences des archaïsmes, ancrés dans les écrits coraniques ou non, que draine cette religion inadaptée aux commandements de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de la part de personnes que mon État m'impose comme concitoyens, alors que cette construction juridique constitue à mes yeux une imposture qui embrouille tout un pan du droit civil et pénal dans les pays européens.
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11.06.2008
La fin d'un procès en assise...
À Liège, un procès d'assises prend fin. Un assassin a été convaincu, le président était le même que celui qui a envoyé Dutroux à la perpétuité factuelle. Les parties civiles se sont déclarés "satisfaits".
Vraiment? Ils ont obtenu le maximum que la loi pénale a prévu, la détention de sureté en sus. Je constate que la volonté de vengeance était omniprésente, la mère présentant les photos des petites victimes ostensiblement en direction du prévenu d'alors comme on présenta à Marie-Antoinette la tête de la duchesse de Lambale sur un pique. Il planait quelque chose de "Tout condamné à mort aura la tête tranchée", disposition abrogée depuis bien longtemps... Je crois me souvenir que l'abolition de la peine capitale fut assortie, aussi bien en France qu'en Belgique, d'un accroissement de la sévérité. Il fallait compenser le fait que, en France, la majorité était restée "pour". En Belgique, la dernière exécution civile datait de 1916 et les mémoires ne gardaient que les exécutions militaires, "compréhensibles" dans le contexte de l'après-guerre avide de déraciner les atrocités de l'ennemi... La peine de mort avait été déjà abolie dans les faits...
La question qui se pose de plus en plus, c'est celle du bilan sociale d'un pareil criminel. Comment apprécier la "valeur de vie" de Marc Dutroux? Il faut calculer la plus-value que les victimes auraient pu apporter de leur travail à la société, une vie entière de 40 ans de travail que ces horribles messieurs ont dérobés à ces pauvres filles. On ajoute à ces millions d'euros les frais de justice et de détention des auteurs de ces crimes et on en déduit ce que ces tristes sires peuvent encore apporter de leur petits boulots dans la prison, c'est-à-dire pratiquement rien...
Doit-on tourner la page et se résoudre à acquiescer cet état de fait? Faut-il soumettre les condamnés à un régime de travaux forcés passablement semblable à un Goulag moderne, version démocratique? La peine de mort, elle, reste inacceptable: Il suffit de voire son instrumentalisation aux États-Unis et aux erreurs judiciaires irréparables qu'elle a engendré - la Grande-Bretagne l'a abolie suite à deux condamnations à mort d'innocents dans un et même dossier, si mes souvenir sont bons...-.
L'Union européenne la rejette au nom du droit de vivre. Mais un certain bilan social justifie, à mes yeux, que les condamnés vivent l'invivable!
Sauf avis contraire...
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| Tags : abdallah aid out, liège, meurtrier, vengeance |
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08.06.2008
Quelques mots pour démarrer...
Chères lectrices, chers lecteurs,
Ce journal de réflexion sera personnel - très personnel même. Il est celui d'un déraciné entre la Wallonie, sa terre de naissance où il retrouve ses sources dans un passé d'un peu plus d'un demi-siècle, et le pays qui l'a formé, l'Allemagne fédérale de l'époque. C'est le journal de réflexion d'un homme de droite. De la gauche, j'en ai goûté: beaucoup de pensées mûrement réfléchies pour en arriver à soutenir une politique à la "va-où-je-te-pousse" qui risque d'aboutir, à terme, à toutes sortes d'intégrismes religieux, dont islamique qui, lui, ne peut s'accorder avec les valeurs des Droits de l'Homme (et de la Femme, s'entend!). Face à lui, la montée d'un intégrisme catholique savamment orchestré par des élus européens polonais, slovaques et autres...
Bref: Face aux résurgeances intégristes, je reste un joyeux païen, l'idéal fût que je n'eusse pas à m'occuper de l'Islam ni des dérives sectaires catholiques.
C'est le journal de réflexion du détenteur de carte d'identité de Belge qui ne cache pas de deuxième passeport dans son arrière-cuisine, d'un Européen convaincu mais critique, désireux, dans un avenir le plus proche possible, de pouvoir échangé cette carte contre celle d'un citoyen français, tant les turpitudes de la politique belge depuis 1970 l'exaspèrent. Comme disait déjà ma mère dans les années 50: "Compromis, compromission"...
C'est le journal de réflexion d'un fanatique du mot, de l'admirateur de l'expression colorée et fruitée régionale emprunte de ce "cri originel" que la langue châtiée ne peut rendre... Et c'est aussi le journal de réflexion d'un francophone qui désire ne pas parler anglais en français, mais bien sa langue maternelle ou l'anglais.
Allez-y! J'attends vos réactions...
Cordialement
Cleodiensis
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